Protection de la vigne et écologie

Les vignes sont conduite de manière traditionnel et les maladies sont gérée de façon à éviter tout excès de traitement inutile.

Tout insecticide est proscrit sur l’exploitation et la confusion sexuelle est utilisée sur la totalité de l’exploitation.

Nous recommandons de suivre les normes à Haute Valeur Environnementale.

Une démarche viticulture durable en champagne est également en cours de développement.

Les vendanges

Les vendanges sont l’aboutissement d’une année de travail sur la vigne.

Période

Située entre juillet et octobre, une fois que les grappes sont arrivées à maturité, les vendanges désignent le fait de récolter le raisin dans les vignes. le terme de “vendange” peut également désigner le raisin lui même récolté.

Normes et traditions

En Champagne, la norme AOC oblige les vendanges à se faire à la main. Cela permet de sélectionner les grappes afin de garantir plusieurs caractéristiques : maturité, taille des grains, couleur, absence de pourritures et grappes en parfait état.

En réduisant le nombre de manipulations, toutes les levures indigènes (naturelles) présentes sur la peau des grains sont conservées. Ce sont elles qui déclencheront et faciliteront la fermentation.

En effet, il est indispensable que les grappes parviennent au lieu de pressurage dans le meilleur état possible, afin de garantir la qualité du vin.

En moyenne, les vendanges durent une dizaine de jours, week-end compris !

Méthodes et outils

Les vendangeurs sont répartis en deux équipes : les “cueilleurs” (ou “coupeurs”) et les “porteurs” (ou “débardeurs”).

À l’aide de sécateurs, les cueilleurs sont chargés de récolter le raisin sur la vigne. le raisin est ensuite déposé dans un panier en osier ou en plastique. C’est un travail éreintant qui met à mal le dos du vendangeur. En règle général, les vendangeurs sont deux par rang de vigne : chacun son côté, ce qui permet également de discuter et plaisanter, afin de passer ce moment dans la bonne humeur.

Un cueilleur peut couper jusqu’à 3000 grappes par jour, ce qui représente de 300 à 400 kg de raisins !

Une fois le panier plein, un porteur est chargé de transporter le raisin en bord de parcelle, ou il sera stocké dans des caisses adaptées. En Champagne, les caisses permettent traditionnellement de transporter environ 45 kg de raisins. Cette limite permet d’éviter que les grappes soit écrasées. Cela libèrerait le jus des raisins et provoquerait un début d’oxydation, ou des contacts avec d’autres éléments indésirables.

Les caisses comportent également des trous, afin que le raisin soit correctement aéré, ce qui permet l’évacuation des eaux de pluie et d’éventuels jus.

Ces caisses sont ensuite emmenées au lieu de pressurage, ou le raisin sera trié et pesé, avant de passer à la pression. Cette étape marque le lien entre le travail de la vigne et le travail en cave.

La maturité

Avant les vendanges, une étape cruciale des travaux de la vigne est la maturité.

Elle consiste à surveiller l’évolution des grappes de raisin afin de fixer la date de la récolte dans le but d’en optimiser les qualités œnologiques.

Durée de maturation

Le raisin arrivent à maturation sur une période d’environ 35 à 55 jours. C’est la durée qu’il faut au grain pour obtenir sa coloration. Des prélèvements de grappes sur les différentes parcelles sont effectués à partir de la mi-août et ensuite analysés dans le but de déterminer la date de vendanges.

Déterminer la date des vendanges

Située généralement à la mi-septembre, les vendanges peuvent être avancée ou retardée en fonction des années. Les viticulteurs parlent alors respectivement de vendanges précoces ou de vendanges tardives.

Suite à la concertation des différents vignerons, cette date est ensuite fixée par commune avec pour objectif le meilleur compromis entre la maturité et l’état sanitaire des raisins (il faut éviter le pourrissement), le style du vin, et la météo. Cette date est ensuite validée par une commission technique siégeant au CIVC (Comité Interprofessionnelle des Vins de Champagne), et enfin validée par un arrêté préfectoral.

Le rognage

Aussi appelé cisaillage ou écimage, le rognage est une opération de travail de la vigne qui consiste à couper l’extrémité des rameaux. Elle est couramment effectuée de fin juin jusqu’au début des vendanges.

Principalement effectué à l’aide tracteur spéciaux hauts en hauteur, appelés enjambeurs, le rognage peut également être effectué à la main à l’aide de cisailles pour les débuts et fins de vignes, ou en cas de forte inclinaison des sols.

Pouvant être effectuée jusqu’à 4 fois par an, cette opération a également pour but de favoriser l’ensoleillement et l’aération, mais cette fois-ci plutôt des grappes. Elle permet également de limiter l’apparition de maladie (les rameaux plus jeunes étant plus sensibles) mais également d’éviter qu’ils ne retombent sous leur propres poids.

Du point de vue de la qualité du raisin, la maturation et la fructification sont améliorées.

Selon les exploitants, un dernier rognage est effectué juste avant les vendanges. On parle alors d’effeuillage, car les feuilles sont principalement visées afin de faciliter la récolte des vendangeurs, les grappes étant plus visibles et plus accessibles.

Le relevage et le palissage

La vigne étant de la famille des lianes et ayant tendance à pousser de manière anarchique, les viticulteurs ont dû développer des méthodes afin de contrôler la croissance et la production du raisin.

De mi-mai à début juillet, deux techniques complémentaires sont utilisées afin de recadrer cette plante récalcitrante.

Le palissage

Le palissage consiste à conduire nos plants sur une structure, la plupart du temps composée de tiges et de liens de fer. Des fils porteurs sont utilisés pour soutenir la vigne, tandis que des fils releveurs permettent d’orienter les rameaux de l’année vers le haut, ce que l’on appelle le relevage.

Le relevage

Plus précisément, le relevage est souvent associé au fait de coincer la tige entre les deux fils de fer servant de guide, tandis que le palissage consiste à placer des agrafe afin de les maintenir en position.

Avantages et outils

Les avantages sont multiples : les plants bénéficient d’une meilleure photosynthèse (les feuilles ne se recouvrant plus), sont moins humides (moins de maladies), sont plus résistants aux vents et aux passages des tracteurs. Ces opérations facilitent également les futures vendanges et les travaux du sols (fertilisations, amendements, etc.).

Les outils nécessaires au palissage sont les pinces, les tendeurs, des rehausses, des agrafes, des écarteurs, mais on peut également y rajouter divers accessoires comme des tuteurs, des protections de plantation (racks), des filets pare-grêle ou pare-oiseaux.

L’ébourgeonnage

Une fois la période de l’hiver passée, la nature reprend ses droits avec le début du printemps et les premiers bourgeons commencent à apparaître sur les vignes.

Effectué à la main, généralement de mi-avril à fin mai, l’ébourgeonnage a pour but d’éliminer les jeunes pousses superflues (double et triple bourres, gourmands, ou pousses) afin de favoriser les rameaux fructifères.

Afin de réguler les rendements, un viticulteur peut également déterminer un nombre de départ de rameaux par pied et ébourgeonner en fonction de ses objectifs. On parle alors d’ébourgeonnage fructifère.

Le liage

Le liage est l’opération qui suit la taille et s’effectue de février à mars-avril.

À l’aide d’une pince spéciale et de fils, une partie des brins de taille, plus spécifiquement les sarments porteurs de bourgeons, sont liées (attachées) à des fils de fer.

Avantages

Ce procédé a de multiples avantages : il permet de diriger la croissance de la vigne (afin d’éviter une pousse anarchique de la vigne), de la maintenir, et plus tard de soutenir les futures grappes de raisins.

De plus, les plants sont ainsi plus aérés, et bénéficient d’un meilleur ensoleillement global.

La taille

La taille de la vigne est une opération viticole cruciale pour toute exploitation de champagne.

Pourquoi ?

Le but de cette opération est de limiter la croissance de la vigne, autrement beaucoup trop rapide et chaotique. Cela permet d’assurer la qualité ainsi que la quantité de raisins produit.

Les rameaux de la vigne ayant tendance à développer une grande taille afin de capter un maximum de lumière, les bourgeons situés à l’extrémité de la vigne débourrent les premiers et ont tendance à diminuer la croissance des bourgeons situés plus bas.

La taille permet donc de favoriser les récoltes grâce au choix de la conservation des rameaux les plus prometteurs, tout en prolongeant l’espérance de vie de la vigne. Cela maintient également la bonne santé des pieds via l’élimination des bois morts ou trop anciens : c’est ce qui s’appelle “rajeunir la vigne”.

Quand ?

On profite du repos végétatif de la vigne pour procéder à la taille. Cette période est comprise entre novembre et mars, tout en évitant les périodes trop froides (de décembre à la mi-janvier) qui peuvent entraîner des complications (dessèchements, maladies, écrasement ou éclatement profond des sarments).

Il est recommandé de tailler la vigne en fin de cette période, vu que le printemps favorise la rapidité de cicatrisation des plaies.

Comment ?

La taille est effectuée à la main, à l’aide de sécateurs (manuels ou électriques) et représente un travail très contraignant.

Pleine de subtilités, il faut disposer de nombreuses connaissances pour effectuer une taille de qualité. Déterminer les bourgeons stériles, prévoir les sarments fructifères et sarments de remplacement, et connaître les différents types de coupes en sont une liste exhaustive.

Culture

En Champagne, la réglementation AOC n’autorise que 4 types de tailles: Guyot double, chablis, cordon et vallée de Marne. Il existe même des écoles pour apprendre à tailler et obtenir un certificat d’aptitude.

Véritable institution, des coopératives organisent même des concours de taille chaque année.

L’amendement (nourrir les sols)

Afin de conserver une qualité optimale de vigne et de grains, il est indispensable de nourrir correctement les sols des vignes. Des compléments y sont ajoutés afin de pallier aux carences ou excès de matériaux.

Problèmes de sols rencontrés

Les problèmes rencontrés se divisent en 3 principales catégories :

La structure du sol peut être trop lourde (dense) ou trop légère. Un sol trop dense peut entraîner une mauvaise irrigation, ainsi qu’une mauvaise propagation des racines. Au contraire un sol trop léger peut participer à l’érosion des sols et la baisses des organismes courant, tels que les verre de terre.

L’acidité du sol (pH) peut être trop élevée ou trop basse (alcalin). Trop d’acidité peut favoriser la toxicité du sol (via certains métaux rendus plus solubles), une perte des matières organiques, et un faible accès aux minéraux. Quant-à lui, un sol trop basique sera rendu moins perméable, ce qui entraîne une moins bonne rétention d’eau et un assèchement des plantes.

De l’agriculture trop intensive peut déboucher sur une terre pauvre en nutriments, tels que l’azote, le bore, le phosphore, le potassium ou encore le magnésium. Cela provoque des perturbations dans la photosynthèse, la fructification, la fermentation alcoolique, et affaiblit les résistances des plants en général face au climat et aux maladies. À l’opposé, une terre trop riche peut avoir pour conséquence une sensibilité accrue à la pourriture, un rendement excessif, une fermentation alcoolique très rapide, des vins dilués, ou un manque de couleur.

Heureusement, de nombreuses solutions ont été trouvées au cours des siècles afin de résoudre l’ensemble de ces problèmes. Elles consistent à rajouter des amendements, soit organiques, soit minéraux aux sols.

Solutions : différents compléments

Amendements organiques

Parmi les amendements organiques, on retrouve les écorces d’arbres, la tourbe, l’argile qui permettent de limiter l’érosion et d’améliorer la rétention d’eau.

Du compost ou du fumiers permettront de ressourcer la terre en matières organiques et ainsi améliorer sa fertilité, notamment de l’azote.

D’autres matières moins communes peuvent également être utilisées, telles que de la corne broyée, ou encore du sang séché.

Amendements minéraux

Parmi les amendements minéraux, du sable peut être ajouté afin de d’alléger les sols.

La chaux et certains de ses dérivés, la craie, et la cendre de bois permettent de rendre les sols moins acides ou neutres.

Si le sol n’est pas assez acide, le nitrate d’ammonium, le sulfate d’ammonium, le sulfate de fer ou encore l’urée permettent de corriger ce défaut.

Le gypse peut également être utilisé afin de fournir du soufre.

Enfin, des sarments broyés, de la cendre de bois, ou des écorces peuvent être utilisés pour renforcer les sols sur de multiples aspects.

Conclusion

L’équilibre et l’entretien des sols sont donc difficiles à atteindre, et sont le secret d’un champagne réussi.

La plantation

Plantation et entretien des vignes

La plantation et l’entretien des vignes est une étape essentielle dans la production de champagne. La gestion de la santé des vignes, leur entretien et leur renouvellement permet de conserver un vignoble homogène en âge et en cépage, et ainsi garantir la qualité des vins.

Longévité de la vigne

Un plant de vigne est un arbuste qui possède une forte longévité : il vit en moyenne entre 30 et 50 ans, mais il existe encore des nos jours des pieds de vieilles vignes ayant été plantés dans les années 1800.Par exemple, la maison Bollinger produit une cuvée Vieilles Vignes Françaises à partir d’un vignoble épargné par le phylloxéra dont certains pieds ont plus de 200 ans.

L’âge d’une vigne va influencer la qualité et la quantité des raisins récoltés, mais également la quantité de sucre qu’ils contiennent.

Arrachage

Avant de replanter, le vigneron procède à l’arrachage des pieds considérés comme “morts” : ce qui ne produisent plus suffisamment de raisins, ou dont les qualités ne sont plus celles attendues.

Analyse et repos de la terre

Avant de commencer la plantation, des analyses de sol sont faites, notamment en cas de remplacement de vignes. On y analyse par exemple les taux de matières organiques, le pH et la présence d’autres éléments utiles tels que des minéraux. Cela permet de savoir si la terre est (toujours) propice à accueillir des vignes, et éventuellement y rajouter les éléments manquants, voir envisager une période de repos sans culture.

Type de cépage

Plusieurs facteurs vont rentrer en compte lors du choix de la vigne à planter : le climat (précipitations), l’exposition (ensoleillement) et la nature du sol, mais également la probabilité des maladies de vigne.

Le type de sol va également entrer en compte, qu’il soit compacte ou calcaire, et pourra nécessiter des ajustements. La majeure partie du temps, les terroirs sont implantés sur les coteaux : cela permet de favoriser l’exposition mais également l’irrigation des plants.

Greffages et maladies

Afin de contrer les maladies et certains environnements trop, la grande majorité des vignes est greffée : Une bouture de vigne de qualité est ajoutée sur un pied robuste.

L’une des maladies les plus répandue est le phylloxéra de la vigne, une sorte de puceron qui peu à la fois contaminer la vigne, mais également la endommager les récoltes.

La feuille de vigne jaunie et se recouvre progressivement de petites protubérances. Les racines sont également attaquées, ce qui peut entraîner la mort de la vigne en moins de 3 ans.

Densité de plantation

Avant de procéder au plantage, le viticulteur doit également penser à la densité de plantation qui représente l’espacement entre les pieds, mais également entre les rangées de vignes.

Un indicateur commun est le nombre de pieds de vigne par hectare, qui en Champagne est d’environ 8000 pieds à l’hectare.

Cette densité permet d’une part de limiter la concurrence entre les plants, qui verraient alors leurs qualités réduire (arômes, tanins, etc.) mais aussi de limiter la propagation des maladies.

Période de plantation

Il existe différentes périodes de plantation. Le vigneron peut choisir de planter à partir de novembre, ce qui correspond à la fois à la fin des opérations usuelles (vendanges, entretiens) et à l’entrée de la vigne en état de repos végétatif.

Il peut également choisir de planter à la fin du printemps, jusqu’en mai, afin d’éviter que les plants soient endommagés par des gels tardifs.

Nous renouvelons nos vignes régulièrement pour avoir un vignoble sain et en parfait état. Nous appliquons une période de repos d’un an sur chaque parcelle replantée.

Durée avant récolte

Une fois la vigne bien implantée, une période de repos est nécessaire au jeune plant avant de commencer à donner. Nous respectons une période de 3 ans avant de commencer les récoltes. 

Surface plantée

Le vignoble champenois couvre un peu plus de 34000Ha.